Hommage à Michel SOLDERA

Vous trouverez ci-dessous deux hommages à Michel SOLDERA rédigés par ses anciens compagnons de jeu.

Bonne lecture.

Hommage n° 1

Et voilà, Michel, l’arbitre vient de siffler la fin du match, à la 63ème minute, ou plus exactement à 63 ans, au terme d’un challenge pour la vie dont tu n’as pas réussi à sortir vainqueur. Cette fin de match, elle a été sifflée bien trop tôt, pour beaucoup de tes supporters, pour ta famille, tes amis, pour tous ceux qui t’ont connu, sur les terrains de foot, sur les chantiers, ou dans les soirées festives que tu animais et aimais tant, au son de la guitare, un instrument qui était aussi dans tes cordes et en accord parfait.

Face à un adversaire de taille, la maladie, tu as pourtant résisté, comme tu le faisais sur les terrains de foot, sans renoncer. Ce rival, puissant, coriace et redoutable, tu as pourtant tenté de le tacler, de le dribbler, de l’éliminer, jusqu’à la dernière minute fatale. Toi, le fils d’Alfred, entrepreneur de maçonnerie, tu as joué le béton pour contenir ses offensives. Ah, qu’on aurait aimé que cet adversaire ait déclaré forfait ou que l’arbitre ait sorti le carton rouge pour l’exclure du terrain, en raison de blessures volontaires. Il n’en fut rien. La partie était vraiment trop inégale, surtout en fin de rencontre où le souffle t’a manqué. Et cela malgré les encouragements constants de tes fidèles supporters, entourage familial et amis, malgré le soutien précieux du staff médical.

Des regrets à avoir ? Peut-être. Celui de n’avoir pas toujours su répondre à tes appels de balle, à tes appels du pied. Mais comme toi, sache que nous aurions aimé jouer les prolongations, connaître et vivre encore plus de moments ensemble.

Tu as donc quitté le terrain un dimanche soir, comme tu le faisais d’ordinaire. Tu as regagné les vestiaires précipitamment, mais c’était pour mieux te préparer à rejoindre ta place dans les loges du royaume des footballeurs où un fauteuil t’attend. C’est ton oncle Claude, intendant aux Chamois niortais, parti avant toi en mars 2013, qui t’a réservé un siège pour l’éternité. Et là-bas, tu vas retrouver ta chère maman, partie elle aussi avant toi, cette même année 2013, en février. Ta maman, tu vas la retrouver, oui, alors que tu n’avais pas pu te déplacer pour l’accompagner pour son dernier voyage. Mais chacun se souvient de l’ultime, du vibrant, de l’émouvant hommage que tu lui as rendu par écrit.

Tu as quitté le stade un dimanche soir, non sans avoir salué le public, du moins les tiens, ta famille, ton épouse, tes filles. Et surtout une petite pierre précieuse, Jade, ta petite-fille, à qui tu as rendu un dernier sourire avant de rendre ton dernier soupir. Tu as murmuré à ton cher diamant : « au revoir », dans ton dernier souffle, mais dans ton premier amour de grand-père.

Au revoir aussi, Michel. Hasta Luego, comme le chantait Hugues Auffray, un autre compagnon fidèle, à bientôt si Dieu le veut…

Hommage n° 2

 

Comment résumer en quelques lignes plus de vingt-cinq ans de football ?

Tu as commencé ta carrière très jeune. A 10 ans, remarqué par tes qualités, les Chamois Niortais t’achètent, ou presque,

Intégrer les rangs des équipes de jeunes du club phare des Deux-Sèvres…. Chapeau

Tu resteras fidèle à ce club jusqu’à ce qu’un nouveau contrat te lie avec un autre club, Chizé.

Quelle idée ! En fait c’est plus un contrat sentimental, car tu y retrouves celle qui va désormais t’accompagner sur tous les terrains, sportif, sentimental, familial.

Claudie et sa famille habitent là-bas et l’amour d’une femme l’emporte sur le prestige des Chamois. De la ville, tu passes à la campagne du grand club au petit mais toujours avec la même motivation.

1978, nouveau changement, vous décidez de faire construire à Vouillé.

Dans cette commune, il y a aussi un club de foot, avec des dirigeants et un entraîneur qui connaissent ta réputation. Ils arrachent le morceau, au détriment d’autres clubs voisins et te voilà engagé pour plusieurs années à porter le maillot du Stade Vouilletais. Un maillot qui te colle à la peau, il te va très bien ce maillot.

Et te voilà joueur, puis capitaine, éducateur, responsable d’équipes et dirigeant. Tes talents de meneur d’hommes sont reconnus par tous, surtout chez les jeunes joueurs pour qui tu restes un modèle.

Fermeté, discipline, rigueur, voilà des compétences que tu revendiques, qui ne plaisent pas toujours, mais qui finissent par s’imposer.

Tu as su y mettre du cœur, de la volonté, tu en seras récompensé par la montée de la réserve A en division supérieure : Respect

L’âge venu de raccrocher les crampons, mais pour toi c’est pas possible, tu continues à soutenir ce club par ta participation financière en qualité de sponsor, ce club qui t’a accueilli, que tu as toujours défendu, même dans des moments plus difficiles.

Ces dernières années, même si on te voyait moins sur le terrain, la vie du club te passionnait comme au début. Les résultats, tu les consultais chaque lundi dans la presse locale, quand tu n’allais pas les chercher sur internet.

Et à propos de la presse écrite, il en est une qui doit verser une larme, c’est le quotidien « L’Equipe ». Ta lecture préférée, ta lecture journalière ; l’actualité sportive n’avait pas de secret pour toi

Allez, c’est décidé, demain j’achète « L’Equipe » et la lirai pour toi !

Je ne peux pas te laisser partir sans évoquer quelques souvenirs Michel :

Je me souviens de la première fois où tu m’as invité chez toi, c’était déjà après un match de foot, un dimanche soir. Avec Milou, nous étions en mobylette, toi dans ta R12 verte, nous t’avons suivi.

T’imagines quelle émotion pour nous, deux jeunes cadets venus pour savourer la victoire des joueurs de l’équipe première, tu savais déjà à l’époque nous rassembler.

On en a fêté des victoires à la Rivière ! Et quand tu commençais à gratter les cordes de ta guitare, le salon se transformait en un joyeux cabaret où la chanson faisait oublier la fatigue du match et cela pendant des heures, jusqu’au bout de la nuit !

Je me souviens de nos vacances au bord de la mer (à Torreilles), j’étais venu pour me reposer et bien non, pas question de faire la grasse matinée ! debout 8 heures pour un footing dans les dunes ! Et bien merci, mon coach !...

Je me souviens de toi comme quelqu’un qui savait transmettre son goût pour la gagne. Même en dehors du foot, il fallait être devant et là je pense à ces fameux rallyes de fin de saison que l’on devait gagner et que l’on gagnait, ce qui nous valait de l’organiser l’année d’après…

Et sur le terrain, je me souviens de tes débordements sur ton aile droite, de tes dribbles qui surprenaient aussi bien adversaires que partenaires,

Je me souviens de nos chamailleries

ce fameux but que tu avais soi-disant marqué du milieu de terrain, nous n’avons jamais voulu te croire, mais allez, aujourd’hui on peut de l’accorder ce but !

Je me souviens aussi de ta sensibilité,

Et là, les filles, vous allez sûrement vous en souvenir et Claudie aussi : Un samedi, tu as écrasé une maman hérisson en tondant la pelouse. Elle laissait 3 petits orphelins que tes filles ont nourris au biberon. Tu les as affectueusement appelés Alain, Dominique, et Pascal, un trio d’amis.

Je me souviens encore de ta générosité :

Que de matchs vus aux Chamois avec une entrée gratuite que tu réservais à tes copains.

Oui je me souviens, oui je n’oublierai jamais.

Une dernière chose, Michel, tu peux partir serein, nous veillerons sur tes 4 femmes.

Tchao Michel.

juil.
10:00
Club House du Stade